LA : Objectif Kona 2013

LA-Doprah

Lance Armstrong n’avait plus le choix de passer aux aveux. Les preuves, accablantes, les poursuites en cours et à venir et, surtout, les sources de revenus maintenant toutes taries. Toutefois, et c’est ce qui m’intriguait le plus à l’approche de son entrevue avec Oprah, quelle stratégie avait-il élaborée pour limiter les dommages et, peut-être, faire un retour à la compétition un jour. Comment allait-il s’y prendre? L’entrevue avec Oprah lève le voile, selon moi, sur son grand plan.

D’abord, LA passe à des aveux, limités, destinés au grand public. Bien qu’Oprah a posé d’excellentes questions (mea culpa, je ne croyais pas qu’elle le ferait), jamais LA n’est entré dans les détails. À propos de sa collaboration avec le Dr Michele Ferrari, le grand spécialiste du dopage sportif :«I view Michele Ferrari as a good man. And I still do. […] I’m not comfortable talking about other people, I’m not. It’s all out there.»

Les détails sur le système de dopage, le «comment», je suis convaincu que c’est la phase suivante de sa stratégie. Armstrong réserve ces informations à l’USADA et à l’Agence mondiale antidopage (AMA). C’est avec ces organismes qu’il doit collaborer s’il veut voir sa suspension à vie être réduite à une suspension de huit ans, réduction maximale prévue par les règlements.

Huit ans, ça fait tout de même un sacré bout pour un athlète qui a 40 ans. Par contre, huit ans, pour quelqu’un qui affirme avoir cessé de se doper en 2005, ça nous mène en 2013!

Voilà ce que je retiens de l’entrevue d’hier. On savait tous qu’il se dopait. Qu’il l’admette enfin, ça fait du bien, mais on le savait déjà. Toutefois, il tente à nouveau de prendre les gens pour des cons en niant s’être dopé à son retour à la compétition en 2009 et 2010. Son passeport biologique présentant un profil sanguin cohérent avec du dopage? «Faux. J’étais propre sur les Tours de 2009 et 2010.»

Il faut donc se préparer à Lance 3.0 (ou 4.0 si on compte son retour au triathlon l’an dernier). Pas fou comme stratégie pour quelqu’un qui n’a plus rien à perdre. S’il parvient à un accord pour réduire sa suspension, qu’il s’en tire des accusations de parjure, ou à tout le moins qu’il évite la prison, la voie est libre pour qu’il reprenne le triathlon.

La journaliste d’ESPN Bonnie D. Ford a d’ailleurs sondé le président du World Triathlon Council à ce sujet cette semaine. Comme le WTC adhère au code de l’AMA, il ne pourrait probablement pas interdire à Lance Armstrong de courir.

L’an dernier, Armstrong s’apprêtait à courir l’IronMan de Nice, en juin, pour obtenir sa qualification aux Championnats du monde IronMan qui ont lieu chaque année à Kona, en novembre. Où prévoit-il se qualifier pour Kona en 2013? Le forum de Slowtwitch.com doit littéralement être en ébullition aujourd’hui…

À quand le film?

Publicités